jeudi 3 mai 2018

Big Monster de Dimitri Perrier



Descriptif de l'éditeur, Explor8 :

BIG MONSTER, un jeu original aux monstres hauts en couleur ! Jeu de pose de tuiles, de 2 à 6 joueurs, basé sur un draft original fun et interactif, Big Monster se joue en équipe ou en individuel !

Dans Big Monster, vous incarnez des explorateurs à la découverte d’une planète inconnue. Vous partez à la recherche de monstres hauts en couleur, et de cristaux précieux. A vous d’optimiser au mieux votre expédition pour prendre de vitesse vos concurrents.

Autour d’une mécanique simple (je choisis et je pose une tuile dans mon aire de jeu) Big Monster offre un plaisir immédiat associé à une véritable courbe d’apprentissage. Le premier niveau de plaisir apparaît dans la découverte d’un monde haut en couleur, puis dans les subtilités des choix de tuiles, et enfin dans les affectations de tuiles aux autres joueurs.

Fun, tactique, rapide à expliquer et à jouer, Big Monster s’adresse aussi bien aux familles qu’aux joueurs experts. Plusieurs modes de jeu : individuel, en équipe, ou 2 joueurs avec une règle spéciale offrent de multiples expériences de jeu.

Le site du jeu, sa page facebook et le projet kickstarter en cours

Contexte : 

Big Monster est un jeu créé et édité par des amis, et j'ai eu l'occasion de le tester une demi-douzaine de fois. J'ai beaucoup aimé le jeu et sa mécanique originale, cette critique est comme toujours honnête mais je reconnais que mon a priori était franchement positif !
Le jeu est prévu pour septembre et est actuellement en financement participatif sur Kickstarter. Si vous êtes tentés, n'hésitez pas à les soutenir ! (et n'hésitez pas non plus à me contacter pour un pledge groupé ;) )


Ma critique :

Le principe de base du jeu est assez classique : on va constituer un territoire devant soit grâce à des tuiles que l'on drafte (c'est à dire que l'on a un paquet de tuile, on en choisit une puis on passe le reste du paquet à un autre joueur et ainsi de suite), chacune appartenant à une famille nous permettant de faire des points de diverses manières. 

Le gros point original, c'est que l'on va choisir quel joueur recevra notre paquet après avoir sélectionné notre tuile. On pourra donc surveiller le jeu des adversaires pour refiler le paquet à celui que rien n'intéresse. Ça induit un élément de rapidité mélangé de réflexion qui marche très bien, plein tension et de bonne frustration. Pile ce que je demande à un bon jeu !

Surtout que Big Monster se joue en équipe de deux et c'est sa deuxième très belle trouvaille : on, va ainsi pouvoir se passer les paquets intéressants, permettant de comboter pas mal en donnant à son partenaire les monstres dont il a besoin - si on ne se fait pas doubler par les adversaires. Analyser le plateau des différents joueurs devient d'autant plus essentiel. De plus, quelques objectifs communs - à réaliser seul ou en équipe - renforce ce côté compétitif prenant. 

L'équilibre du jeu est très réussi : chaque tuile a son utilité, il n'y a pas vraiment de mauvaise ou bonne carte indépendamment de la situation d'où le besoin de regarder les jeux des adversaires et partenaire. S'il n'est pas franchement simple pour des "non-joueurs", les mécaniques de scoring familières le rendent facilement abordable pour ceux qui ont un peu l'habitude de jouer, sans avoir besoin d'être fan d'énormes jeux. Ce n'en est d'ailleurs pas un, on est dans le format dit "familial" de jeu d'une demi heure jouable par des (pré-)ados. 

Et pour une fois il est vraiment adapté au cadre familial : la victoire se joue en équipe, basée sur le plus petit score des duos constitués. Comme on peut aider son partenaire en lui donnant les bonnes tuiles ou se faire coiffer sur le poteau lors du don des paquets, on évite pas mal de vexations. C'est un jeu qui semble permettre de mélanger assez facilement des joueurs de différents "niveaux" et que tout le monde soit à fond. 

J'aime bien la bouille des monstres et le côté coloré, je trouve l'iconographie très claire mais ça c'est généralement le cas pour moi ;) Le jeu est aujourd'hui bien fini et je sais que de nombreux tests ont été faits pour l'équilibrer sérieusement. 

Je n'ai joué qu'au mode par équipe de Big Monster, qui semble être de loin le plus original. Il est possible de jouer en mode individuel, et une variante à deux permet un système de "marché" apparemment assez malin mais qui me semble moins révolutionnaire.

J'ai beaucoup aimé la tension dans le jeu, les choix sont intéressants en particulier parce qu'il faut les faire relativement vite. Les parties semblent relativement variées pour un jeu de ce type où l'intérêt est dans sa mécanique principale et les tactiques qui en découlent plutôt que dans l'orientation stratégique. Et un bon jeu à 6 plein de tension avec de vrais choix c'est pas si courant !

vendredi 6 avril 2018

La traque des lanceurs d’alerte de Stéphanie Gibaud



Résumé de l'éditeur : 

Les lanceurs d’alerte défrayent l’actualité depuis une dizaine d’années. Edward Snowden, Chelsea Manning et Julian Assange sont révélateurs des méthodes utilisées pour faire craquer ceux qui ont le courage de parler des dysfonctionnements et des dérives de notre société.

Pourtant, ces héros sont devenus des parias. Leur vie est un enfer. Snowden est réfugié en Russie, Assange dans une ambassade, Manning était en prison, Stéphanie Gibaud et bien d’autres sont dans une situation précaire, attaqués dans des procès sans fin et lâchés par les Etats.

À travers des exemples concrets en France et à l’étranger, l’auteur détaille la vie d’une cinquantaine de lanceurs d’alerte et les raisons pour lesquelles les États, hommes et femmes politiques, l’institution judiciaire, l’Europe et les entreprises veulent leur peau.

Préface de Julian Assange



Ma critique :

Ce livre présente un état des lieux de la position dans laquelle sont mis les lanceurs d'alerte dans le monde occidental, avec des propositions assez concrètes sur comment changer des choses et aussi "bien évidemment" la promotion du fait de dénoncer des pratiques non-éthiques.

Le tout est très intéressant, assez instructif et très bien documenté, citant de nombreuses sources. L'auteur réussit bien à parler avec objectivité de la situation générale, à présenter la sienne propre avec une dose très acceptable de fausse modestie et celle de gens qu'elle connait personnellement avec émotions mais sans sentimentalisme déplacé en dehors de ce qui est pertinent pour ce qu'elle expose.

Le ton est clair mais pas particulièrement littéraire. Il y a des répétition - nécessaires à tout manifeste ? - pas si lourdes que ça mais qui renforce le peu "divertissant" de cette lecture. C'est aussi un livre ancré dans l'actualité qui doit être lu "maintenant", à quelques années près.

A la fin de chaque chapitre thématique une liste de propositions-clés d'amélioration est proposé, le tout sur un ton politique très modéré. Pour moi il n'y en a qu'une qui m'a semblé peu judicieuse (sur les micro-dons en caisse de magasin en arrondissant les montants : quand on dénonce l'entre-soi des puissants et les associations partenaires sont choisies par ceux-ci, je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur moyen de lutter pour la transparence et contre la corruption...). Les différentes structures de soutien existantes sont également bien présentées et le livre incite sainement à une attitude citoyenne.

La "neutralité" politique est importante, et l'argumentation repose sur des valeurs communes qui ne sont jamais discutées. Il s'agit effectivement de valeurs que je partage largement, et si la tiédeur politique ne me convient pas tout à fait elle permet sans aucun doute une exposition sereine de la réalité. Pour ma part, j'ai tout de même eu l'impression que la dénonciation des magouilles et de l'entre-soi des puissants comme une grande découverte de quelque chose que l'on imaginait pas aussi "sale" assez naïf, mais bon, si ça permet de mettre le nez dedans...

Le sujet mérite d'être mieux connu, et le livre me l'a permis. C'est clairement une lecture "utile", pour soi et les autres !

dimanche 4 mars 2018

Silver Water de Haylen Beck


Résumé éditeur :

Ses enfants ont disparu. Elle est la coupable idéale.

Ce matin-là, Audra Kinney avait rassemblé ses dernières forces pour fuir son mari, mis ses enfants dans la voiture, et foncé à travers les paysages accidentés de l’Arizona. Elle se sentait respirer. Enfin. Mais, par un étrange coup du sort, elle est arrêtée par la police sur une route a priori déserte. Le coffre de la voiture est ouvert. Une cargaison de drogue qu’elle n’avait jamais vue de sa vie, découverte. Et le cauchemar commence. Car une fois au poste, après avoir été embarquée de force, on s’étonne qu’elle mentionne la présence de ses enfants. Ils auraient disparu ? La police, et bientôt les médias, parlent d’infanticide : c’est la parole d’Audra contre la leur… jusqu’à ce qu’un privé, Danny Lee, dont l’histoire ressemble à s’y méprendre à la sienne, se décide à forcer les portes de Silver Water.


Ma critique :

Silver Water est un de ces livres qui se dévore parce qu'il se lit facilement et que l'on veut savoir la suite. C'est agréable et facile à lire, sans longueur, plein d'émotions. La trame façon thriller est assez classique : quelque chose d'horrible et injuste est en train d'arriver, l'héroïne est seule, le Bien triomphera-t-il ? 

Ça marche, le cadre choisit pour l'histoire (petite ville quasi abandonnée dans le désert, l'enlèvement d'enfant, l'isolement social complet de la mère,...) est assez convaincant, change un peu sans nous dépayser. Côté suspens, si le livre nous tient en haleine, on a par contre quasiment aucun mystère en attente d'être révélé, toutes les informations "policières" nous sont données dès que l'on se pose la question. Les vrais méchants ne sont que l'ombre d'un monstre, leur nature ou autre n'est pas pertinente pour l'histoire, et c'est tant mieux vu leur faible profondeur auréolée de mystico-technologie. Les méchants plus proches sont plus intéressants, mais encore simplistes. L'héroïne a d'avantage une histoire qu'une personnalité, mais le thème de la domination domestique et de l'isolement est intéressant. Les enfants - enfin, surtout le garçon de onze ans - présentent pour une fois des traits d'intelligence en même temps qu'une faible maîtrise des choses à un niveau plus global, et ça c'est vraiment chouette. Enfin un gamin de cet âge auquel on croit à l'âge ! Les autres personnages secondaire font leur rôle. Un effort a été fait pour introduire un personnage assez différent, mais je l'ai trouvé peu convaincant et très classique. 

Le roman n'est pas d'une grande profondeur, les émotions ne nous effleurent qu'en surface, le drame est correctement ficelé sans présenter de grandes spécificités, les personnages se tiennent à mi-distance entre le crédible et le romanesque. Une bonne lecture divertissante en somme, si vous aimez le style et que le résumé vous attire vous aurez exactement ce que l'on vous a promis, ni plus ni moins. 

Ma note : 3/5

Ce livre m'a été offert par son éditeur, à l'occasion d'une rencontre avec l'auteur organisée par Babelio, à laquelle je participe très bientôt, merci !

mercredi 28 février 2018

Suzanne et l'influence de Frédérique Cosnier



La fiche du livre sur le site de l'éditeur, la clé à molette et sur Babelio.

Ma critique :

Ce roman un monologue halluciné d'une femme "folle" qui nous raconte quelques jours épiques de sa vie.

L'ambiance est très bien posée, le style s'y accorde parfaitement. Le roman est étrange et intéressant, son intérêt est littéraire plutôt que narratif.

Car s'il se passe des choses, pas pas des moindres, l'originalité est dans la vision délirante de l'héroïne. Elle est décalée de la réalité, dans son monde en même tant que le notre. On suit ses rêves éveillés, incertain de ce qu'il se produit vraiment, happé dans son manque de lucidité et pourtant toujours ancré dans le monde réel et ses problématiques.

J'ai aimé à quel point l'auteur à su décrire la folie du personnage. Les idées ne sont pas vraiment fausses, les échelles de réalités et de leurs importances floues.

Le style est formidable, ce qui en fait une très bonne découverte ! Il est également un peu indigeste peut-être, pas étonnant vu l'exercice, mais comme le roman est très court je n'ai même pas eu le temps d'en souffrir. À mon avis, il vaut mieux éviter d'entrecouper cette lecture par d'autres pour ne pas trop sortir de l'ambiance créée. Assurément un très bon livre pour qui aime le genre. Pour ma part j'aimerais lire plus souvent des textes aussi originaux !

Apparemment, le livre est inspiré du film Une femme sous influence de John Cassavetes. Je ne l'ai pas vu et n'ai pas ressenti de manque à cette lecture, qui se suffit en elle-même.

Ma note : 4/5

Un extrait :
Je ne sais pas du tout pourquoi le type a eu ce comportement incroyable derrière moi. Ce que j'avais bien pu faire qui ne lui plaisait pas. Peut-être que le feu n'était pas vraiment rouge quand je me suis arrêtée, ou rouge clair, peut-être qu'il avait envie que je passe quand même, entre l'orangité et le carmin ciel. Il considérait que j'avais le temps d'y aller et de m'engager devant en plein milieu du carrefour, au risque d'y laisser ma peau, comme une vraie guerrière, une amazone du bitume mais décidément, les femmes au volant, etc. J'ai entendu sa voix autour de ma tête. Son jugement sur ma vie entière, l'instabilité de mon axe, mes changements de cap. Une voix vulgaire et très générale. Les gens ne connaissent rien à votre tournure, à votre expression, mais voimà ils ont attrapé un geste au vol, un geste vu de loin, et ils pensent vous lire dans ce geste unique. Et lorsqu'ils sont soumis à un de vos gestes, accélérer ou ralentir à un carrefour, lorsqu'ils sont inclus dans votre décision sans l'avoir voulu, le sort les accable à travers vous et ils voudraient vous éliminer. Cependant le meurtre ne s'accomplira que par cette main appuyée sur le centre du volant ou sur la petite manette latérale. Le besoin d'anéantissement s'assouvira dans un Tüüt de mouette enrouée. Ça cerne les villes aux croisements en tous genres comme dans un ultime réseau de boyaux, pétaradant dans la douleur.

mardi 6 février 2018

Nos souvenirs sont des fragments de rêves de Kjell Westö


Descriptif éditeur :

«La première fois où j’ai fait l’amour avec Stella, j’ai su que je ne pourrai jamais plus vivre sans : elle passera toujours avant les convenances, la carrière, avant même la morale. »


Helsinki, années 1970. Stella, Alex et leurs amis sont remplis d’ambitions et de hautes espérances. Dans la fougue de l’adolescence, ils font les quatre cent coups. Mais une passion dévorante vient troubler leur insouciance, et arrive le temps de l’âge adulte et des compromis. Mais oublie-t-on jamais son amour de jeunesse?
Porté sur cinquante ans par un souffle irrésistible, ce roman est le portrait sensible d’un amour destructeur et de l’éveil au monde de toute une génération. Au sommet de son écriture, Kjell Westö tire avec brio les fils du destin et nous offre l’égal scandinave de Bienvenue au club de Jonathan Coe et des Intéressants de Meg Wolitzer.


Ma critique : 

Le cœur du livre - l'histoire d'amour moderne et pas à l'eau de rose - est bon, voir très bon. Pendant une grosse centaine de pages, l'auteur sait nous happer dans l'univers de son héros, avec une grande subtilité humaine sans donner dans le cliché. Mais voila, le livre compte plus de 400 pages supplémentaires.


Toute la vie du héros est racontée avec grande précision, donnant un style que j'ai trouvé lourd et manquant d'élan à la grande majorité du livre. C'est visiblement un style recherché, puisqu'il le vante lui-même en mettant en scène son auteur :
" Joue-moi Galveston était une fiction de la première à la dernière page, une pure invention ;
j'en ai toutefois composé les scènes avec une précision et une prudence qui, dans l'instant de l'écriture, m'apparaissaient angoissantes mais se sont révélées bénéfiques pour le récit : j'écrivais mieux quand je n’assommais pas le lecteur de sentiments et d'interprétations comme j'en avais l'habitude jusque-là.".
Personnellement, je n'adhère pas. C'est d'autant plus dommage que ça noie un peu certaines descriptions bien écrites dans une masse de détails inintéressants et bien peu poétiques. Un exemple :
" L'idée d'écouter au cours de la soirée Une heure avec... venait de moi. Le concept de cette série d'émissions de radio diffusées pendant l'été reposait sur un entretien entrecoupé de plages musicales pendant soixante minutes, parfois quatre-vingt-dix, avec une personnalité du monde culturel. Le format existait sur P1, l'une des stations du service public suédois, et sur Radio Vega, la station suédophone de la radio-télévision publique finlandaise. Il était possible de les télécharger en podcast juste après la diffusion et j'avais pour habitude d'en écouter une par soir."


Côté "intrigue" on a droit à une petite introduction façon thriller comme prétexte aux souvenirs, dont on ne verra réémerger le thème qu'en fin de roman. Au début comme à la fin, j'ai trouvé cet élément raté, un peu convenu, peu crédible, sans âme et sans rythme. On a ensuite un récit de l'enfance du héros et de son amitié absolue avec un enfant de la haute société dans leur manoir. Le récit se teinte de touches nostalgiques sans tabou. Ici, la petite sœur fait office au mieux de figurante. Le récit bascule ensuite sur l'histoire d'amour avec elle, et là c'est au tour de la plupart des autres éléments de faire office de décor pour une histoire bien montée, avec des sentiments globalement plus réalistes et lucides que romanesque, et une vision de l'amour plus réfléchie et remise en question que ce que l'on voit bien trop souvent. Cet élément persiste dans la (très) longue suite du roman, racontant la vie et l'évolution (la stagnation ?) sentimentale du héros. Là, le récit se perd un peu en tout et rien. On suit vaguement le devenir des différents personnages sans s'y attacher et les bons points sont noyés. C'est dommage, parce que la vision de la maturité en tant que célibataire endurci, la vision des amours libres à moitié assumées seulement, la vision de la famille à travers le temps sont des thèmes traités avec originalité pour le monde littéraire. On sort un peu (encore qu’avec une analyse étonnamment timide sur certains sujets, mais c'est moi) des schémas de genre ou maritaux classiques sans en faire des tonnes ou être volontairement original et ça c'est chouette. Avec un raté sur la bisexualité quand même, trop mise en scène et qui cette fois n'évite pas le cliché. La capitalisme avec le profit à tout prix est plus ou moins dénoncé, mais c'est d'avantage un vague décor qu'un thème réellement abordé. Tant mieux, parce que le traitement n'en est pas bien profond, comme celui du terrorisme qui en plus tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.


En bref, un avis en demie-teinte mais surtout : Quel dommage !

Ma note : 2/5

D'autres citations :

[...] et si elle [la relation] ne nous avait pas donné ce que d'aucuns prennent pour des symboles d'amour (le mariage, un foyer et des enfants en commun), elle nous avait offert des moments de bonheur, une bonne quantité de malheurs et, enfin, un amour qui avait tenu au fil du temps, même s'il prenait désormais la forme d'une amitié.


- Je suis un homme, ai-je tenté de plaisanter. Je ne peux pas être une traînée. Tu peux me traiter d'obsédé sexuel autant que tu veux. De mari infidèle d'une certaine manière. de pervers polymorphe à l'extrême limite. Mais pas de traînée.
- Epargne-moi tes conneries, tu veux ? Tu es une traînée comme on n'en fait pas, point à la ligne.


L'enfance est parait-t'il une période marquée par l'innocence ; lorsqu'on sort de l'une, on perd l'autre. Mais certains connaissent une enfance peuplée de ténèbres et de sentiments contradictoires, elle n'est pas une période innocente pour tout le monde.
Quand j'étais petit, je n'étais pas sûr des sentiments que j'éprouvais pour papa et maman. Ils étaient certes de bons parents, qui faisaient leur possible pour moi ; mais ils étaient fondamentalement différents, non seulement l'un et l'autre mais aussi de moi - une différence encore plus marquée au sein du reste de ma famille. Je me sentais étranger auprès des miens. Or, dans le même temps, j'étais incapable de leur expliquer qui j'étais. En conséquence, je me sentais seul.